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Mon développeur a disparu : reprendre son site ou son application

Plus de réponse du freelance ou de l’agence qui a fait votre site ? Ce qui est à vous, ce qui reste au développeur, et comment négocier sereinement la suite.


Les messages restent sans réponse. Le téléphone sonne dans le vide. Votre développeur, votre agence ou le freelance qui a construit votre site ne donne plus signe de vie, et vous avez une modification urgente à faire, un bug qui bloque vos clients, ou simplement une question sur un renouvellement qui arrive.

C’est plus fréquent qu’on ne le croit, et rarement malveillant : un freelance qui change de métier, une agence qui ferme, une reconversion, un problème personnel. Avant de chercher un remplaçant, il faut faire le point sur une question simple mais décisive : qu’est-ce qui vous appartient réellement, et qu’est-ce qui appartient au développeur ?

Première étape : faire l’inventaire des accès

Dressez la liste de ce qui fait fonctionner votre site, et notez pour chaque élément à qui appartient le compte. C’est ce qui détermine ce que vous pouvez faire seul, et ce qui passe forcément par le développeur.

  • Le nom de domaine : chez quel registraire (OVHcloud, Gandi, IONOS…) et à quel nom est-il enregistré ? C’est l’élément le plus important : sans lui, vous perdez votre adresse, vos emails et votre référencement.
  • L’hébergement : où tourne le site, et qui paie la facture ?
  • Le code source : existe-t-il un dépôt (GitHub, GitLab) et y avez-vous accès ?
  • La base de données et les fichiers, souvent chez un prestataire distinct (Supabase, Firebase, un serveur dédié).
  • Les services connectés : paiement (Stripe), envoi d’emails, Google Analytics, Search Console, fiche Google Business Profile, outils d’automatisation.
  • Les boîtes email liées au domaine.

Le code source appartient au développeur

C’est le point que beaucoup découvrent à ce moment-là, et il vaut mieux le savoir avant d’engager quoi que ce soit : en droit français, les droits sur un logiciel appartiennent à celui qui l’a écrit (ou à son employeur). Avoir payé le développement ne change rien. Quand le travail a été confié à un freelance ou à une agence, les droits sur le code restent les siens, sauf si un contrat prévoit par écrit leur cession, dans des conditions précises.

Concrètement, sans clause de cession ni clause de remise des sources dans votre contrat ou votre devis :

  • vous avez payé pour utiliser le site ou l’application livré, pas pour en posséder le code ;
  • le développeur n’a aucune obligation de vous remettre le code source, ni d’en donner l’accès à un autre prestataire ;
  • un nouveau prestataire sérieux ne reprendra pas un code dont vous ne détenez pas les droits.

Il n’y a pas de raccourci. La seule voie, c’est l’accord du développeur.

La bonne approche : négocier

La bonne nouvelle, c’est que la plupart des développeurs sont conciliants. Un freelance qui a changé d’activité n’a souvent aucune raison de s’opposer à ce que votre projet soit repris par quelqu’un d’autre. Mais son code est son travail, et parfois une partie de son savoir-faire : l’accès aux sources et la cession des droits ont un prix, et c’est légitime.

Quelques conseils pour que la discussion se passe bien :

  • Restez cordial. Menaces et ultimatums ne fonctionnent pas, pour une raison simple : le droit est de son côté. Un message courtois qui explique votre situation obtient bien plus.
  • Formulez une demande claire : la remise du code source complet, les accès nécessaires, et une cession de droits écrite qui vous permet de le faire modifier par quelqu’un d’autre.
  • Proposez une contrepartie : un montant, ou demandez-lui de chiffrer. Un prix raisonnable est presque toujours moins cher qu’une reconstruction complète.
  • Faites tout acter par écrit, idéalement dans un court contrat de cession. Si l’enjeu est important, faites-le relire par un avocat.

Et si le développeur reste injoignable ?

Vous gardez ce qui est à vous : vos textes, vos photos, votre nom de domaine s’il est enregistré à votre nom, vos données clients et vos comptes chez les services que vous payez directement. Le site existant, lui (son code, sa structure technique), n’est pas à vous.

L’option restante est alors de faire créer un nouveau site ou une nouvelle application, à partir de vos propres contenus. C’est plus coûteux qu’une négociation réussie, c’est pourquoi il vaut la peine d’insister poliment auprès du développeur (ou de son agence) avant d’en arriver là.

Les réflexes de sécurité à avoir tout de suite

  • Exportez vos propres données (liste de clients, commandes, contenus) depuis les comptes ouverts à votre nom.
  • Sécurisez les comptes qui sont à votre nom : mots de passe à jour, double authentification, et liste claire des personnes qui y ont accès.
  • Surveillez les échéances : un nom de domaine non renouvelé peut être racheté par quelqu’un d’autre quelques semaines après son expiration.

Comment se passe une reprise

Une fois l’accord trouvé avec l’ancien développeur (code remis et droits cédés), un nouveau prestataire commence par comprendre ce qui existe : technologies utilisées, état du code, qualité des données, failles éventuelles. C’est l’étape de l’audit. Elle permet de répondre honnêtement à la question que tout le monde se pose : faut-il réparer ou reconstruire ?

Dans la grande majorité des cas, on garde l’existant et on le remet d’aplomb. On ne reconstruit que ce qui coûterait plus cher à réparer qu’à refaire. C’est la même démarche que pour fiabiliser un projet créé avec l’IA : partir de ce qui marche.

Pour que ça n’arrive plus

Le moment de régler ces questions, c’est avant de signer, pas après :

  • si vous voulez pouvoir un jour changer de prestataire, négociez dès le devis la cession des droits et la remise des sources. Elles ont un coût, qui doit apparaître clairement ;
  • ouvrez à votre nom le nom de domaine et les services que vous payez (hébergement, paiement, emails) ;
  • demandez un document court qui liste les services utilisés et leur rôle.

Poser la question dès le départ évite bien des malentendus, des deux côtés.

Questions fréquentes

Que faire si mon développeur web ne répond plus ?
Faites l’inventaire des accès pour distinguer ce qui est à votre nom (domaine, comptes, données) de ce qui appartient au développeur, puis recontactez-le de façon courtoise avec une demande claire. La plupart des développeurs acceptent de trouver un accord.
Suis-je propriétaire du code de mon site si je l’ai payé ?
Non. En droit français, le code appartient au développeur qui l’a écrit. Payer le développement vous donne le droit d’utiliser le site livré, pas d’en posséder le code. Seul un contrat prévoyant par écrit la cession des droits vous en transfère la propriété.
Mon ancien développeur doit-il me donner le code source ?
Non, sauf si votre contrat le prévoit. Sans clause de remise des sources ni de cession de droits, il n’a aucune obligation. La solution est de négocier : l’accès aux sources et la cession des droits ont un prix, souvent bien inférieur au coût d’une reconstruction.
Et si le développeur reste injoignable ?
Vous conservez vos contenus (textes, photos), vos données et les comptes ouverts à votre nom. Le site existant ne vous appartient pas : l’option restante est de faire créer un nouveau site à partir de vos propres contenus.

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